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Jérôme Guerrand (1829-1900), Républicain havrais éminent juriste

Louis Jérôme Guerrand
Le 14 Juillet 1900, le Petit Havre consacrait une page entière aux obsèques de Louis-Jérôme Guerrand : concert de louanges émanant du banc et de l’arrière banc judiciaire, politique et administratif du département. Manifestement la République venait de perdre l’un de ses plus fervents défenseurs.
Fils de cultivateur, Louis-Jérôme Guerrand était né en 1829 à Anglesqueville-l’Esneval, en plein pays cauchois.  L’instituteur et le curé du village, frappés par son intelligence précoce, poursuivaient son instruction après que la cloche ait sonné : latin, littérature, histoire…, le petit Louis-Jérôme assimile tout avec aisance et le soir, retransmet à ses parents son nouveau savoir.
Étudiant en droit à Caen, il assiste à la fuite de Louis-Philippe, observe et analyse le « Printemps des Peuples », désapprouve le coup d’État de Napoléon III. Il revient au Havre où le dynamisme des négociants et l’expansion du port vers l’international ont façonné une société prospère, patriotique, républicaine modérée. Louis Jérôme trouve ses marques au milieu de ces bourgeois, seuls artisans de leur fortune, déterminés à donner une meilleure place à leur environnement rural.
Modestement, il débute clerc d’avoué, mais le bâtonnier, Me Delange, frappé par sa rare intelligence des affaires, le pousse à s’inscrire au barreau. Aussitôt, le jeune avocat s’attèle à une tâche considérable : la rédaction d’un recueil annuel de jurisprudence commerciale, précieux support au service de l’interprofession qu’il poursuivra jusqu’à son décès et sera réitéré pendant plus d’un siècle.
En 1865, lorsque les Républicains modérés conquièrent la Mairie du Havre comme une forteresse, Louis-Jérôme Guerrand est au cœur du bataillon. Sa finesse juridique est précieuse : il siègera au Conseil municipal pendant 31 ans, élargira sa voilure au Conseil général de la Seine-Inférieure dont il deviendra vice-président.
Ce qui ne l’empêche pas de fonder une très nombreuse famille : son épouse, Marie Caroline Giddens, lui donne 16 enfants pour qui le bonheur estival est dans le pré, à Anglesqueville- l’Esneval.  Jamais Louis-Jérôme n’oublia ses racines rurales, jamais ses frères, oncles et cousins ne firent l’ouverture de la chasse sans lui.
Mais à partir de 1890, les Républicains commencèrent à s’entre-déchirer, le camp progressiste brisa l’entente sacrée des modérés. Louis-Jérôme Guerrand en fit injustement les frais…

Archives municipales du Havre, salle Legoy
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